Grandes conférences

Mardi 9 octobre 2018 à 20h : conférence inaugurale par Frédéric Encel. Géopolitique contemporaine du peuple juif

Dans le cadre du 70e anniversaire de la naissance d’Israël

Présentation par Gérard Rabinovitch

Comment des intellectuels laïcs dispersés en Europe orientale ont-ils convaincu, dans le second XIXe siècle, des milliers de leurs compatriotes d’aller peupler la terre de leurs ancêtres, désormais lointaine, désolée et occupée par un puissant empire ? Comment un mouvement politique squelettique, dépourvu de richesses, d’assise territoriale et d’alliances étatiques a-t-il bâti une diplomatie efficace, des institutions démocratiques, des infrastructures performantes puis un Etat souverain viable en un demi-siècle à peine ? Comment quelques cultivateurs et poètes n’entretenant aucune expérience militaire et refusant souvent de s’en doter, ont-ils pu créer l’une des plus puissantes armées du monde ? Comment Israël, Etat-nation du peuple juif et fruit du sionisme, a-t-il élaboré ses stratégies de survie puis de puissance dans un Proche-Orient instable et hostile ? Comment le sionisme et Israël se représentent-ils la mémoire, la force, l’espace ?

Frédéric Encel
Docteur en géopolitique (HDR), maître de conférences en questions internationales à Sciences-Po Paris et professeur à la Paris School of Business. Il est lauréat 2015 du grand Prix de la Société de géographie et a publié une douzaine d’ouvrages dont Géopolitique du sionisme (Armand Colin).


Jeudi 15 novembre à 20h . Lecture à deux voix. Est-ce qu’on attend le Messie comme on attend le bus ? 

En partenariat avec le Centre Diocésain de Formation

LIEU : Salle Val de l’Isle à Notre Dame en l’Isle

  Cette question – volontairement provocatrice – interroge d’abord notre attitude fondamentale, notre posture existentielle. Est-ce que nous sommes dans l’espoir ou l’espérance ? Est-ce que notre attente nous fait grandir dans la confiance ou nous enfonce dans la résignation ? Est-ce que notre désir confine au rêve et nous empêche de nous engager, ou bien se transforme-t-il en projet de vie qui nous met en route ? D’autre part, cette question interroge l’objet de notre espérance : attendons-nous quelque chose ou quelqu’un ? Un évènement ou une réalité matérielle ? Un royaume ou un état d’esprit ? Une conversion personnelle ou une transformation politique ?

Pour traiter cette double question, les intervenants font le choix de lectures successives qui viendront progressivement se contredire, mais aussi se compléter, et sûrement s’enrichir. Ils partiront de la Bible qui gravite autour de la question de l’exil et de l’espérance et s’arrêteront spécialement à la Nouvelle Alliance promise par Jérémie (Jer 31,31). Ils se confronteront au texte du dernier repas, et au passage du Talmud qui évoque la rencontre entre Elie et le Messie. Ils rebondiront sur un passage de Levinas qui a mis en valeur toute la force douloureuse de l’attente pour enfin réfléchir ensemble autour d’un poème de Nelly Sachs : « Que pouvons-nous espérer après Auschwitz ? »

Intervenants :

  • Géraldine ROUX, enseignante en philosophie et directrice de l’Institut Rachi
  • Laurent THIBORD, prêtre bibliste

Jeudi 6 décembre 2018 à 20h . Conférence d’Isabelle Cohen, Un monde à réparer. Le Livre de Job 

Nouvelle traduction commentée
Isabelle COHEN
Préface du Grand Rabbin de France Haïm Korsia

LE LIVRE

Le Livre de Job est peut-être le plus honnête des grands textes spirituels, car il se confronte directement à une question religieuse brûlante : si Dieu est bon et tout-puissant, pourquoi permet-il que les innocents souffrent ? Il s’attache à réfuter tous les discours somnifères qui cherchent à empêcher l’homme de penser sa souffrance. Il s’en prend violemment à la doctrine de la rétribution qui voudrait que tout malheur soit le résultat d’une faute, et met l’homme face à lui-même d’une manière beaucoup plus subtile. Il met aussi au jour les interactions entre l’homme et Dieu, pour aboutir à la paradoxale figure d’un homme agissant sur Dieu et médecin du monde.

 

L’AUTEUR

Isabelle Cohen, élève de Mireille Hadas-Lebel, professeur émérite à Paris IV-Sorbonne, et du grand orientaliste du Collège de France André Caquot, nous livre l’œuvre de sa vie. Mobilisant les ressources des commentaires antiques, médiévaux, modernes et contemporains de la tradition juive, mais aussi les apports de la philologie et de la critique biblique, elle nous offre une traduction élégante et précise ainsi qu’un commentaire exhaustif qui rend justice à ce texte intemporel.


Mardi 26 mars 2019 à 18h30. Conférence de David Elbaz, L’univers est-il un hologramme ? 

En partenariat avec l’Université de Technologie de Troyes .

Lieu : amphithéâtre de l’Université Technologique de Troyes. 

Conférence de David Elbaz autour de son dernier livre, A la recherche de l’Univers invisible : Matière noire, énergie noire, trous noirs, publié aux éditions Odile Jacob en 2016, en vue d’une meilleure connaissance, pour des étudiants et le grand public, des découvertes récentes en physique quantique depuis l’approche de l’astrophysique expérimentale.

« Après ses stupéfiantes avancées du siècle dernier – la découverte de l’expansion de l’univers, du Big Bang et des trous noirs –, la cosmologie serait-elle en voie de perdre son objet d’étude ? L’avènement de la « matière noire », invisible mais nécessaire pour expliquer les mouvements des galaxies, celui de l’« énergie noire », insaisissable mais indispensable pour rendre compte de l’accélération de l’expansion de l’univers, et celui des trous noirs, qui font disparaître la matière ordinaire comme un lapin dans un chapeau de magicien, donnent l’image d’un univers élusif dont une part grandissante échappe à l’observation.

Faisant toute la lumière sur ce qu’il appelle le « triolet noir de notre ignorance », l’auteur cherche les biais susceptibles de dérober l’univers à notre regard, en analysant cinq « illusions » possibles. Manque-t-il vraiment de la matière ? Nos observations sont-elles fautives ? Voyons-nous en trois dimensions un univers holographique à deux dimensions ? C’est d’un autre regard sur l’univers qu’il est question dans ce livre très accessible qui met en scène les questions cruciales de la cosmologie actuelle. » Présentation de l’éditeur.

Présentation du conférencier : David Elbaz, astrophysicien, est directeur de recherche Commissariat à l’Energie Atomique (CEA Saclay), où il dirige le laboratoire Cosmologie et Evolution des Galaxies. Il est conseiller scientifique auprès de l’agence spatiale européenne pour la sélection de ses futures missions spatiales (ESA, AWG) et membre du Comité d’évaluation sur la recherche et l’exploration spatiales pour le centre national d’étude spatiales (CNES). Spécialisé dans l’étude de la formation des galaxies, David Elbaz est auteur/co-auteur de 235 publications dont plus de 60 avec plus de 100 citations. Ses travaux sur la formation des galaxies ont été primés par le Prix Chrétien de la Société Américaine d’Astronomie (2000). Il enseigne un cours sur la formation des galaxies au master M2 Astronomie & d’Astrophysique de Paris. Parallèlement à ses activités de recherche en astrophysique, il travaille à la diffusion des connaissances scientifiques. Son dernier livre « à la recherche de l’univers invisible: matière noire, énergie noire, trous noirs » est sorti en octobre 2016 aux éditions Odile Jacob.

Entrée libre et gratuite sous réserve des places disponibles.


Conférences en partenariat avec la Médiathèque de Troyes Champagne Métropole

Thème de l’année : Des animaux et des hommes.

Jeudi 7 février 2019 18h : Ursula Schattner-Rieser. Chiens, chats et autres animaux domestiques dans la Bible et autres textes juifs.

Dans l’ancien Israël et la Bible, on doit protéger les animaux, leur accorder un temps de repos égal à l’homme et on ne sépare pas mères et nouveau-nés le même jour pour éviter la souffrance. L’interdit de faire souffrir les animaux est aussi inscrit dans le Talmud et les « 7 lois noachides », car contrairement au monde végétal, lequel se renouvelle après la récolte, la vie animale s’éteint pour toujours après l’abattage. Bien que Dieu préférât les sacrifices végétaux d’abord, il accorda une place important aux sacrifices animaliers ensuite. Animaux domestiqués et bétail  font partie de la nourriture de l’homme. L’homme a autorité sur eux, comme sur toute créature (Gen 1,26). Mais qu’en est-il des animaux domestiques de notre temps qu’on aime caresser et dorloter comme les chats et les chiens  ou encore les pigeons ? Nous essaierons de répondre à cette question à travers la littérature et les commentaires juifs au fils du temps de l’antiquité à nos jours.

Ursula Schattner-Rieser est professeur à l’Institut Martin Buber for Jewish Studies de l’Université de Cologne.

Jeudi 7 mars 2019 18h : Nathalie Hazan. Le bestiaire de l’art pictural juif

« Et tout ce bestiaire volant et courant, ce sont des hommes. Sous leur masque de quadrupèdes ou de volatiles, ils ont des regards d’humains. C’est un trait remarquable de l’art populaire juif. » C’est ainsi qu’El Lissitzky (1890-1941) rend compte de sa découverte en 1916 des peintures de la synagogue de Moghilev.

A travers cette redécouverte d’un patrimoine artistique juif, on évoquera le bestiaire profondément humain qui peuple l’œuvre de Chagall, pour finir après la Shoah avec l’identification tragique d’un artiste rescapé, Maryan (1927-1977), à la figure de Balak, personnage de Samuel Joseph Agnon, chien-homme, chien fou.

Nathalie Hazan-Brunet fut conservatrice, chargée de l’art moderne et contemporain au mahJ de 1996 à 2016.

Mardi 2 avril 2019 18h : Rivon Krygier. Diminuer la souffrance animale est-il un commandement ?

Si l’animal a une âme de quel droit en mangeons-nous ? Si nous n’en mangeons pas, pouvons-nous affirmer que nous survivrons ? Nous n’avons jamais consommé autant de viande que ces cinquante dernières années. Comment repenser nos modes d’alimentation depuis la prise au sérieux de la souffrance animale ? Entre droit rabbinique, arguments éthiques et économiques seront abordées les questions de l’abatage rituel, du végétarisme et de la conscience animale.

Rivon Krygier est rabbin et docteur en sciences des religions.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles pour l’ensemble des conférences et débats.